Dharamsala. Photo copyright Jean-François Duval
« Le lendemain soir, j'ai participé avec la belle
Lhamo à une hallucinante marche dans la nuit,
qui symbolisait la lutte des Tibétains pour ne pas
disparaître – vous savez quelle politique
d'éradication de ce peuple et de sa culture poursuit
la Chine au Tibet. Nous étions partis de
McLeodGanj : les flammes de milliers de bougies
que chacun tenait en main scintillaient dans
l'obscurité. Pressée dans les étroites ruelles,
une foule a pris en psalmodiant le chemin de
la noire montagne, elle est descendue comme
un long serpentin lumineux par des sentiers
rocailleux où l'on trébuchait avant de remonter
finalement sur la grande esplanade devant le
temple où des milliers de moines se sont accroupis,
en des récitations pour moi incompréhensibles.
Puis soudainement, ils se sont tous dressés, avec
leurs bougies, et ça été une immense clameur.»
Extrait de: Jean-François Duval, «Boston Blues»
(éd. Phébus, 2000, 190 p.)
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