samedi 20 août 2016


Quand l'émission TV «Des mots de minuit» m'invite pour parler de la Beat Generation




CLIQUER SUR LE LIEN CI-DESSOUS, LAISSER DEFILER LA PUB, PUIS DEPLACER LE CURSEUR POUR SAUTER A
LA 34ème MINUTE DE L'EMISSION:

http://culturebox.francetvinfo.fr/des-mots-de-minuit/videotheque/desmotsdeminuit-457-lalgerie-la-beat-generation-une-americaine-au-francais-226615






vendredi 1 juillet 2016

Tout savoir sur la Beat Generation

TOUT CE QU'IL FAUT SAVOIR SUR LA BEAT GENERATION EN 30 MINUTES AUDIO:

POUR ECOUTER L'EMISSION, CLIQUER SUR: 







Egalement, quelques reflets en images de l'expo qui se tient actuellement au Centre Pompidou sur la Beat Generation.

Par exemple, une reproduction de la fameuse Dreamachine mise au point par Brion Gysin et Ian Sommerville au «Beat Hotel» de la rue Gît-le-Cœur:





Les premiers visiteurs:




Les espadrilles de Jack sur le Pic de la Désolation (en 1956) 




Quelques huiles de Kerouac: 

Le portrait représenterait l'actrice Joan Crawford.




Burroughs vu par Jack Kerouac:



Jack circa 1959:




jeudi 23 juin 2016

LA BEAT GENERATION AU CENTRE POMPIDOU

ALLEZ UN COUP DE PUB !

Exposition sur la Beat Generation au Centre Pompidou jusqu'en octobre prochain.
Et ce 29 juin dans L'Express, «La Beat Generation bande-t-elle encore ?»

Cocorico: Ci-dessous: le drapeau tricolore célèbre le passage, jadis, des clochards célestes au Beat Hotel de la rue Gît-le-Cœur (c'était en 1957-58-59)






Pour écouter ce que j'ai à en dire, aux côtés de Julien Delmaire et de la merveilleuse chanteuse Brisa Roché (accompagnée par son guitariste barbu), écouter l'émission Ping Pong sur France Culture en cliquant sur le lien: 


De g. à dr.: Julien Delmaire, Brisa Roché, son guitariste, Jean-François Duval.


A lire:



Chic, on n'a pas oublié Bukowski, jugé un si lointain cousin des Beats que sa présence se résume à celle de mon livre sur un rayon de bibliothèque:



Le fameux rouleau de «Sur la route», tel qu'exposé au Centre Pompidou. A contempler comme le Saint Suaire...



Last but not least. Il n'est pas trop trop tard pour rafraîchir vos connaissances:





jeudi 16 juin 2016

Tarzan, reviens !

MODERNITE DE TARZAN

Je suis ravi que Boris Cyrulnik, dans son dernier livre consacré à l'importance des héros, fasse l'apologie de Tarzan (j'espère simplement qu'il pense davantage au personnage créé dans ses romans par Edgar Rice Burroughs plutôt qu'aux avatars qu'en ont donné le cinéma et la BD).

Ci-dessous, on trouvera l'entretien que j'avais réalisé sur Tarzan avec 
Roger Boulay, commissaire d'une exposition consacrée à ce héros au Musée Branly.

Déjà en 1912, E. R. Burroughs, avec une intuition déconcertante, jugeait 
très probable l'existence de plusieurs espèces humaines, c'est-à-dire d'une humanité «buissonnière» dont homo sapiens n'a été (et ne reste aujourd'hui) que la dernière incarnation.

E. R. Burroughs avait bien sûr lu Darwin; son Tarzan est éminemment une 
figure rousseauiste. (Et même Voltaire l'aurait adoré, nous dit Roger Boulay, pour la façon dont le personnage se joue de tous les fanatismes).

Tarzan est un héros authentiquement américain,

naturellement et écologiquement autarcique, incarnant plusieurs dimensions de l'homme dont Thoreau et son maître Emerson avaient esquissé les traits.

Si E. R. Burroughs était encore en vie, pas de doute, il ajouterait encore un titre à sa série de 28 romans (dont le dernier nous dépeint les actions de Tarzan pendant la Deuxième guerre  mondiale, pendant la guerre du Pacifique).  
Titre: Tarzan contre DaechD'abord fait prisonnier par Daech, sur le point d'être décapité devant les caméras du monde entier, Tarzan, au bout de 200 pages, trouverait enfin le truc pour faire dégringoler l'Etat islamique et le rendre à son Néant.  






dimanche 12 juin 2016

Bukowski poète, un mot sur les lettres d'amour de Beethoven

un mot sur les lettres d’amour
de Beethoven 


qu’on y pense : si Ludwig vivait aujourd’hui
et faisait des virées en voiture de sport
rouge
capote baissée
il embarquerait toutes ces folles
peaux de vache sur les boulevards
on aurait de la musique comme on
n’en a jamais entendu avant
mais il trouverait quand même jamais
au grand jamais sa
Bien-Aimée.

Copyright Yves Sarda pour la traduction française



lundi 30 mai 2016

Shérif Arpaio. Au bagne en Arizona

MAIS POUR QUI DONC VOTERA LE SHERIF ARPAIO ?

Reportage Flashback No 3 (Texte et photos Jean-François Duval)





dimanche 22 mai 2016

Elisabeth Kübler-Ross va bientôt mourir et danse avec les loups

(Reportage Flashback No 2) 

ELISABETH KÜBLER-ROSS VA BIENTÔT MOURIR ET DANSE AVEC LES LOUPS

Frappée d'une attaque cérébrale qui l'a laissée presque entièrement paralysée, elle vit au milieu du désert d'Arizona, seule, à une heure et demie de route de Phoenix, près de Scottsdale. 
La route de terre au bout de laquelle se trouve sa maison ne porte ni nom ni numéro. Seuls un teepee et un totem indien signalent l'endroit. Des chimes – petites tubulures qui s'entrechoquent, agitées par le vent – répandent un son magique dans le silence général. Partout alentour, des cactus candélabres (organ pipe) pointent vers le ciel.
Elle qui a consacré sa vie aux mourants et qui n'a jamais craint de parler de la mort en face se trouve elle-même aujourd'hui devant l'ultime échéance.

J'avais craint de ne jamais trouver sa maison. Sa voix était si faible hier au téléphone, et les indications si peu précises: une heure et demie de route au nord de Phoenix, quelque part il fallait tourner à droite, puis à gauche, après quoi je devais suivre une piste de terre  («a dirty road») sans nom jusqu'à un écriteau portant simplement son nom, Elisabeth, écrit en caractère penchés et suivi d'une flèche. «Je suis sûr que vous trouverez, m'avait-elle dit, vous ne pouvez pas le manquer.»
J'ai trouvé. J'ai poussé la porte qui reste toujours ouverte. Elisabeth était là, allongée dans une grande pièce, près de la baie vitrée donnant sur le désert. Je me suis approché en saluant au passage Ana, une jeune Mexicaine qui vient quatre fois par semaine lui apporter quelque aide. Elisabeth, elle, ne bouge plus de sa couche. Un déambulateur lui permet de gagner son lit, à deux mètres de sa couche, pour y passer la nuit. Elle a fait installer une cuvette de WC directement à côté de son lit. La maison est pleine de fleurs, de photos, de souvenirs. Elisabeth gît sur sa couche, petite et menue dans tout ce bric-à-brac. La voix est très lasse et très faible, elle s'interrompt souvent, elle remue constamment la jambe droite, elle a mal. Il est dix heures du matin.






jeudi 19 mai 2016

Tabarini, Claude, poète

Pour les «happy few», signalons la parution aux éditions Héros-Limite du nouveau livre de Claude Tabarini, «Rue des Gares et autres lieux rêvés». «Taba» est aujourd'hui LE poète de Genève, autant que l'était Georges Haldas, qui d'ailleurs, le premier, le publia dans la collection qu'il dirigeait à L'Age d'Homme.

«Rue des Gares et autres lieux rêvés» tient en quelque 80 courtes proses, où Genève et ses lieux se révèlent dans ce que Haldas, justement, appelait «l'état de poésie». C'est un livre dont cependant on ne peut se contenter, car les «happy few» ne sauraient faire l'économie des recueils de poèmes précédemment publiés par Tabarini, également chez Héros-Limite, qui ont pour titres: «La Lyre du jour» (2012, «Le garnement qui aimait la cuisine rapide» (2004), ou «Le pêcheur de Haridelles» (2004). 

Ci-dessous, sous forme d'article, notre rencontre avec l'ami «Taba», tel que nous l'avons croisé dans les couloirs du temps, peu importe quand.














lundi 2 mai 2016

Bukowski poète, c'est une honte

c’est une honte

un esprit génial et un corps sain vont rarement
de pair.
ou bien un corps génial et un esprit
sain.
ou un corps génial et un esprit génial.

mais pire, un esprit pas trop sain et un
corps pas trop sain vont souvent
de pair.

en fait, c’est la quasi totalité de la
populace.
et tous ceux-ci
vont reproduisant
encore plus d’eux
-mêmes.

est-il étonnant que le monde
en soit où il en est
aujourd’hui ?

suffit de remarquer la créature assise près de vous
dans une salle de cinéma
ou qui se tient devant vous en faisant la
queue au supermarché.
ou qui fait le Discours sur l’État
de l’Union.

que les dieux nous aient laissé continuer
aussi longtemps
aussi mal.

comme l’escargot retourne en rampant chez lui
jusqu’à la manne.


Copyright Yves Sarda pour la traduction française 

vendredi 22 avril 2016

Annie Ernaux, «Mémoire de fille»

Mémoire de fille, d’Annie Ernaux

«Explorer le gouffre entre l’effarante réalité de ce qui arrive, au moment où ça arrive et l’étrange irréalité que revêt, des années après, ce qui est arrivé.» C’est ce que tente de faire Annie Ernaux dans Mémoire de fille, tout juste paru chez Gallimard.
A 50 ans d’écart, cet écrivain d’aujourd’hui se penche sur les quelques jours d’été d’une jeune fille en 1958. C’est-à-dire elle-même (en principe), alors qu’elle était monitrice dans une colonie de vacances.   
            Explorer le gouffre ? Oui, mais pas tellement celui de ce qu’on a été «objectivement», mais de ce qu’on a jadis pensé, espéré, ses croyances d’alors, ce qui faisait vivre (la perspective, l’attente désespérée et fiévreuse d’une première surprise party quand on a presque dix-huit ans et qu’on a jamais connu un «vrai premier baiser», l’attention d’un garçon aux yeux duquel on croit être «unique», une chanson des Platters ou de Paul Anka, ce genre de choses).
Cet être-là existe-t-il encore au fond de nous ? (les psy le croient qui à ce propos parlent de la «petite fille intérieure» que certaines femmes continueraient à porter en elles). Existe-t-il encore des passerelles entre cet âge passé, et l’âge présent ? La seule passerelle possible n’est-elle pas celle du regard – du regard quand il se fait critique, et non pas, comme chez d’autres auteurs et la plupart du temps, simplement nostalgique ?
Ainsi le retour sur soi, sur cette personne étrange et pourtant si commune (combien de rêves partagés par une même génération, combien de mythologies ?) qu’on a été, est-il possible. Annie Ernaux est plutôt bonne à ce genre de prise de distance critique, et si elle y réussit, c’est parce qu’elle parvient à «retrouver le temps perdu» non pas au travers d’une sorte d’effort stylistique gigantesque, mais en fuyant tout ce qui dans le style (le «beau style») pourrait venir brouiller l’image plate, nue et banale. Seule convient ici une langue simple, comme dans cet autre livre d’elle, très justement nommé Passion simple. Autrement dit, Annie Ernaux n’essaie pas de «faire de la littérature». Elle sait que le style, ce qu’il est convenu d’appeler le style, serait en l’occurrence le pire ennemi de la vérité, d’une appréhension aussi exacte que possible de ce qui a été vécu et éprouvé.
Un seul exemple, cette scène cruciale de son premier rapport sexuel, entre elle et le moniteur-chef H, sans pénétration : le sperme qui lui gicle à la bouche, sur ses lèvres, et qui remonte jusque dans ses narines, n’est pas «gluant», comme il l’est généralement dans toute description de ce genre, non il est «gras». Du moins, c’est le qualificatif – on peut en être sûr – qui est venu à l’esprit d’Annie Duchesne (son nom de jeune fille), quinze jours avant ses dix-huit ans. Ça n’a l’air de rien, mais ce n’est que cette épithète-là qui a pu venir à l’esprit d’une fille de son âge, à cette époque-là. Sinon, on n’aurait pas été en 1958.

Un aspect amusant et presque paradoxal, c’est que le regard critique déployé par Annie Arnaux, c’est celui-là même qui avait cours dans les années dont elle nous parle (l’influence de Simone de Beauvoir, etc). Prégnance des choses, des images, des souvenirs, et même, forcément, des instruments d’analyse théorique dont on dispose. En quoi Mémoire de fille est au fond un livre plongé à double titre dans ces «années-là», vers 1958.